La Thaïlande amorce une transition ambitieuse de quinze ans vers une économie durable et sobre

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EN BREF

  • Plan national pour une économie durable lancé en 2024.
  • Phase 1 jusqu’en 2027.
  • Bilan positif : 18 zones éco-industrielles créées.
  • Réduction des émissions de CO2 de 9,3 millions de tonnes.
  • Système alimentaire durable en priorité, réduction des pertes.
  • Promotion de l’économie circulaire pour traiter les déchets.
  • Intégration des critères ESG pour les PME.
  • Initiatives de tourisme durable en collaboration avec GIZ.
  • Programme “Stop Food Waste” pour réduire les pertes alimentaires.
  • Application ECOLIFE ciblant les jeunes consommateurs.
  • Coordination nécessaire entre administrations, entreprises et société civile.

La Thaïlande a lancé un plan ambitieux de transition vers une économie durable sur une période de quinze ans, débutant en 2024. Le plan, organisé en trois phases, affiche déjà des résultats prometteurs dans plusieurs secteurs, y compris une réduction significative des émissions de CO2 et des progrès dans la gestion des déchets. La première phase, qui s’étend jusqu’en 2027, se concentre sur la création de zones éco-industrielles et le développement d’initiatives telles que le programme « Stop Food Waste ». Quatre priorités ont été identifiées pour les phases suivantes : un système alimentaire durable, l’économie circulaire, l’intégration des critères ESG dans les PME, et le tourisme durable. Ces initiatives visent à renforcer la durabilité et à atteindre les objectifs de neutralité carbone d’ici 2050.

La Thaïlande s’engage sur la voie d’une transformation significative de son économie au travers d’un plan national de consommation et de production durables (CPD) qui s’étend sur une durée de quinze ans. Ce plan, lancé en 2024, vise à repenser en profondeur les modes de production ainsi que de consommation dans divers secteurs. S’appuyant sur des engagements climatiques ambitieux, tels que la neutralité carbone d’ici 2050, la Thaïlande met en place des actions concrètes pour réduire les émissions, améliorer la gestion des ressources et intégrer des pratiques durables au sein de son système économique.

Les grandes lignes du plan national CPD

Le plan national CPD est structuré en trois phases, la première allant de 2024 à 2027. Le Bureau de la politique et de la planification des ressources naturelles et environnementales (ONEP) est chargé de coordonner cette initiative. Dans un contexte où la nécessité de répondre aux enjeux climatiques se fait de plus en plus pressante, la Thaïlande se positionne comme un acteur clé sur la scène internationale, promettant d’atteindre des objectifs ambitieux qui visent à garantir un avenir durable pour sa population.

Un contexte environnemental critique

La transition vers une économie plus sobre est d’autant plus cruciale compte tenu des pressions environnementales auxquelles la Thaïlande est confrontée. Le pays, tout en richesses naturelles, subit les conséquences du changement climatique avec une augmentation des phénomènes météorologiques extrêmes, une dégradation des écosystèmes et une pression croissante sur les ressources en eau. L’urgence d’une approche durable se fait sentir à tous les niveaux, tant économique qu’écologique.

Des résultats prometteurs pour la phase 1

Les premiers résultats de la phase initiale montrent des avancées notables dans plusieurs domaines. Dans le secteur industriel, par exemple, la création de 18 zones éco-industrielles dans 15 provinces a favorisé la mutualisation des ressources. Cette approche collaborative a permis de réduire les prélèvements en eau de plus de 4,5 millions de mètres cubes, un résultat positif qui progresse vers un objectif de 27 millions d’ici 2037.

Parallèlement, dans le secteur de l’énergie, les efforts pour réduire les émissions de carbone ont permis d’atteindre une diminution de 9,3 millions de tonnes équivalent CO2, grâce à une montée en puissance des énergies renouvelables. Le taux de réutilisation des déchets industriels atteint déjà 87%, tandis que 39% des déchets communautaires sont recyclés, une avancée par rapport aux volumes de déchets accumulés, notamment à Bangkok, où 5.000 tonnes de déchets alimentaires sont générées chaque jour.

Les priorités pour les phases suivantes

Fort des résultats obtenus, l’ONEP a récemment identifié quatre priorités pour engager les phases suivantes du plan. La première priorité est la mise en place d’un système alimentaire durable, dont l’objectif est de réduire les pertes tout au long de la chaîne, du champ à la table. Ce volet inclut des initiatives pour améliorer la gestion des ressources alimentaires et sensibiliser les consommateurs à des choix plus éclairés.

La deuxième priorité est l’économie circulaire, qui souhaite s’attaquer aux problèmes à la source, en promouvant la réutilisation et la valorisation des ressources plutôt qu’une gestion des déchets en aval. Cette approche requiert une transformation des modes de production actuels et une sensibilisation accrue des entreprises.

La troisième priorité consiste à intégrer des critères ESG (environnement, social et gouvernance) au sein des petites et moyennes entreprises, qui constituent un maillon essentiel de l’économie thaïlandaise. Ces entreprises doivent s’adapter aux exigences croissantes de durabilité des marchés, notamment pour les exportations. Enfin, la quatrième priorité se concentre sur le tourisme durable, développé en partenariat avec la Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ), visant à protéger les écosystèmes tout en maintenant les attraits touristiques du pays.

Le rôle des centres commerciaux dans cette transition

Les centres commerciaux jouent un rôle central dans cette transition, particulièrement en matière de système alimentaire. Le programme “Stop Food Waste”, lancé en janvier 2026, regroupe 15 partenaires institutionnels et privés pour labelliser les restaurants qui s’engagent à réduire leurs pertes alimentaires. Des enseignes telles que Siam Piwat et Central font déjà partie de cette initiative. En mars 2026, CentralWorld a également rejoint le programme, mobilisant plus de 300 restaurants sous son toit.

Le suivi technique des restaurants engagés est assuré par le Centre national de technologie des matériaux (MTEC). L’agence a développé l’application LookieWaste, qui permet de mesurer les flux de déchets à la source, afin d’optimiser la gestion des équipements alimentaires et de renforcer la chaîne de valeurs au sein de l’industrie alimentaire.

Les initiatives de sensibilisation auprès des consommateurs

Parallèlement à ces actions, l’ONEP a lancé l’application ECOLIFE, qui cible principalement les jeunes consommateurs. Des campagnes thématiques sont déployées, telles que “Sustainable Eating”, afin d’informer et de sensibiliser sur l’importance d’une consommation responsable. Cela représente un effort significatif pour changer les comportements des consommateurs et encourager des choix plus durables.

De plus, l’agence met en place une plateforme de rapport de durabilité pour les PME, qui se veut à la fois un levier d’accès aux marchés internationaux et un outil de conformité réglementaire. Cette démarche ambitionne de responsabiliser les acteurs économiques en matière de durabilité.

Mesurer la durabilité pour assurer la continuité

Pour garantir le succès de son plan, l’ONEP a défini trois priorités opérationnelles pour la phase suivante. La première consiste à rendre les résultats mesurables dans la durée en intégrant les données recueillies dans les différentes initiatives. L’objectif est de disposer d’indicateurs clairs pour évaluer les progrès réalisés et ajuster les stratégies en conséquence.

La deuxième priorité est d’élargir la coopération aux collectivités locales, qui ont jusqu’ici été insuffisamment intégrées dans le processus. Il est essentiel que les acteurs locaux soient engagés dans cette transition pour créer un consensus autour des initiatives de durabilité et maximiser l’impact de chacune des actions menées.

Enfin, la troisième priorité consiste à intégrer la durabilité avec la politique de développement économique générale. L’ONEP se positionne comme coordinateur entre administrations, entreprises et société civile, pour assurer que tous les acteurs avancent dans la même direction. Comme l’a souligné Kanda Chookaew, secrétaire général adjoint de l’ONEP, aucun objectif ne peut être atteint par un seul organisme : cela requiert une volonté collective et un engagement partagé.

Conclusion anticipée

La transition de la Thaïlande vers une économie durable et sobre s’inscrit dans un cadre plus large d’engagements climatiques. Les efforts déployés dans le cadre du plan CPD sont un pas vers une approche intégrée des enjeux environnementaux, sociaux et économiques. Les résultats des premières phases montrent des avancées encourageantes, mais il reste encore beaucoup à accomplir. La mobilisation de tous les acteurs de la société, ainsi que la sensibilisation des consommateurs, seront cruciales pour garantir le succès de cette mission ambitieuse qui s’étend sur quinze ans.

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Témoignages sur la transition vers une économie durable en Thaïlande

Dans un restaurant de Bangkok, un chef engagé partage sa vision de la durabilité : « Grâce au programme “Stop Food Waste”, nous avons réduit notre gaspillage alimentaire de 30 %. Cela nous permet non seulement de faire des économies, mais aussi de contribuer à un environnement plus sain. Je suis fier de faire partie de ce mouvement vers une économie circulaire. »

Un entrepreneur dans le secteur des déchets explique les changements qu’il a observés : « Avec l’initiative de l’ONEP, de nombreuses petites et moyennes entreprises comme la mienne commencent à adopter des critères ESG. Cela nous aide à répondre aux attentes des marchés d’exportation, tout en réduisant notre impact sur l’environnement. »

Une étudiante engagée témoigne également : « Je participe à l’application ECOLIFE et j’apprends énormément sur la gestion des ressources. Promouvoir une consommation responsable auprès de mes pairs est essentiel. La sensibilisation des jeunes est un pas vers un avenir plus durable pour notre pays. »

Un responsable de l’ONEP souligne l’importance de l’inclusion : « Travailler avec les collectivités locales est crucial. Nous devons intégrer toutes les voix dans cette transition. Chaque acteur, qu’il soit privé ou public, a un rôle à jouer pour atteindre nos objectifs de durabilité. »

Un représentant d’une zone éco-industrielle se réjouit des résultats obtenus : « En mutualisant nos ressources avec d’autres entreprises, nous avons réussi à diminuer notre consommation d’eau de manière significative. Cela démontre que le travail collaboratif peut mener à des résultats concrets et durables. »

Enfin, un touriste passionné par la nature évoque sa perspective : « J’ai constaté que de nombreux lieux touristiques adoptent des pratiques durables. Cela me donne confiance en leur engagement envers l’environnement. Visiter des endroits qui respectent ces valeurs rend mon expérience encore plus enrichissante. »

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