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EN BREF
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La ministre colombienne de l’Environnement, Irene Velez Torres, a réuni cette semaine une cinquantaine de pays en Colombie pour une conférence dédiée à la transition énergétique et à la sortie des énergies fossiles. Cet événement inédit cherche à contourner les blocages des COPs onusiennes, où la participation des plus grands émetteurs de gaz à effet de serre, tels que les États-Unis, la Chine et la Russie, fait défaut. Irene Velez affirme que les pays présents, représentant près de 50 % de la population mondiale, constituent une nouvelle puissance engagée vers des solutions énergétiques durables. La conférence vise à établir un premier groupe d’experts scientifiques pour accompagner les gouvernements et collectivités dans l’élaboration de feuilles de route pour leur transition, tout en proposant une synthèse de contributions provenant des différents acteurs concernés.
La ministre colombienne de l’Environnement, Irene Velez Torres, a récemment rassemblé environ cinquante États en Colombie dans le but d’accélérer une véritable transition énergétique. Cette conférence, sans précédent dans son ampleur, vise à aborder la question de la sortie des énergies fossiles, dans un contexte où les discussions au sein des COP onusiennes n’ont vu que peu de progrès significatifs. Les pays participants forment ce que la ministre qualifie de « nouvelle puissance », représentant près de 50 % de la population mondiale. Dans cet article, nous explorerons les enjeux, les attentes ainsi que les implications de cette conférence](https://www.humanite.fr/environnement/colombie/sommet-en-colombie-sur-la-transition-hors-energies-fossiles-opportunite-pour-le-climat-ou-enieme-naufrage-a-venir) pour l’avenir de la planète.
Un contexte de crise pour le multilatéralisme
La réunion de Santa Marta, qui se déroule en marge des négociations climatiques de l’ONU, témoigne d’une frustration croissante face à la dynamique des COP, souvent perçue comme insuffisante. En effet, la ministre Velez Torres a souligné que la principale difficulté des sommets traditionnels est le veto exercé par les plus gros émetteurs de gaz à effet de serre, tels que les États-Unis, la Chine et la Russie. Ces derniers se sont déjà montrés réticents à engager des discussions sur la nécessité d’un monde moins dépendant des énergies polluantes.
Le multilatéralisme, bien que nécessaire, semble aujourd’hui en crise. Selon la ministre, il est plus que jamais crucial de reconnecter ce processus avec les populations, au-delà des seuls gouvernements et lobbys économiques. Ce besoin d’alignements renouvelés constitue une des motivations majeures de cette conférence, qui cherche à établir des alliances entre pays producteurs, consommateurs et vulnérables.
Une opportunité pour les pays en développement
Les États présents à Santa Marta, bien que n’étant pas les plus gros émetteurs, représentent une diversité de pays, disposant chacun de ses propres intérêts en matière de transition énergétique. La ministre Velez Torres a rappelé que les plus de cinquante pays participant à la conférence représentent près de 50 % de la population mondiale, incluant des états du Nord et du Sud. Cela ouvre des perspectives pour des approches collaboratives et adaptées aux spécificités locales.
Cette rencontre pourrait créer une dynamique positive en matière de soutien aux nations en développement. En effet, ces pays nécessitent un financement adéquat pour entreprendre leur transition tout en répondant aux enjeux de l’énergie et du climat. Le sommet pourrait également encourager des initiatives reliant actions locales et objectifs mondiaux.
Les résultats concrets attendus de la conférence
Alors que l’absence des plus grands émetteurs pourrait être vue comme un frein, les espoirs se portent sur des résultats tangibles qui ne dépendent pas uniquement de la participation des États les plus pollueurs. La conférence de Colombie prévoit le lancement d’un groupe d’experts scientifiques dédié à la transition énergétique. Ce dernier aura pour mission d’accompagner les pays, villes et régions dans l’élaboration de « feuilles de route » spécifiques à leur propre transition énergétique.
Le but est d’identifier et de promouvoir des solutions pratiques et innovantes qui permettront d’élever le débat autour des énergies renouvelables. En fin de conférence, une synthèse des contributions provenant des gouvernements, de la société civile, du secteur privé et d’autres parties prenantes sera également produite. Ce rapport sera soumis aux futures COP 30 et 31, afin de nourrir la discussion mondiale sur la sortie des énergies fossiles.
Les défis de la transition énergétique
Dans le même temps, la ministre a dû faire face à une contradiction inhérente au contexte colombien, celui d’être à la fois un grand producteur de charbon et de pétrole tout en prônant la transition vers les énergies propres. La réaction du gouvernement du président Gustavo Petro pour gérer ce paradoxe se traduit par une sévère limitation des nouveaux contrats d’hydrocarbures et l’interdiction d’élargir l’exploitation minière du charbon. Pour compenser cette base économique dépendante, des efforts sont déployés pour encourager le développement d’économies davantage axées sur la production alimentaire, le tourisme et l’industrialisation.
Des résultats probants commencent à émerger: par exemple, la Colombie a récemment enregistré que pour la première fois, ses exportations de café avaient dépassé celles du charbon. De même, en 2025, pour la première fois, la production d’énergie à partir de sources renouvelables non conventionnelles, en particulier le solaire, a dépassé celle provenant du charbon.
Un modèle d’engagement pour le futur
Le sommet en Colombie représente ainsi un tournant potentiel dans les négociations internationales sur le climat. En mettant en avant la collaboration entre des nations motivées par des objectifs communs, la ministre Velez Torres met à jour une vision renouvelée qui repose non pas sur les plus grands pollueurs, mais sur ceux qui sont prêts à agir fermement pour un avenir durable.
Les résultats finaux de cette conférence pourraient établir un cadre encourageant pour le lancement d’une série d’initiatives prometteuses. Dans cette perspective collaborative, les pays en développement pourraient recevoir le soutien nécessaire pour mettre en œuvre des politiques ambitieuses en matière de transition énergétique, tout en s’assurant d’une inclusion réelle des voix de la société civile. Les enjeux sont clairs : agir ensemble pour un avenir sans énergies fossiles, tout en respectant les besoins énergétiques actuels.
En réunissant des pays désireux de travailler à un avenir neuf et durable, la conférence de Santa Marta pourrait poser les bases d’un nouvel élan pour la transition énergétique. Avec une vision ancrée dans la collaboration internationale, l’espoir est de voir se développer un mouvement où chaque nation assume sa responsabilité pour un monde sans énergies fossiles.

Témoignages sur la Transition Énergétique : 50 Nations Unies en Colombie
Irene Velez Torres, ministre colombienne de l’Environnement, a souligné l’importance de cette conférence, rassemblant une cinquantaine d’États, pour amorcer une transition énergétique significative. « Ce sommet reflète une volonté collective d’aller au-delà des énergies fossiles et de contourner les limites que nous avons rencontrées lors des COP », a-t-elle déclaré.
Un représentant d’un pays producteur d’énergie a partagé son enthousiasme : « C’est un moment historique. Les plus de 50 pays présents comptent pour près de 50% de la population mondiale. Cela prouve que de nombreux États s’engagent à faire avancer les discussions sur les énergies renouvelables et à trouver des solutions concrètes. »
Une activiste écologiste a exprimé sa vision : « L’absence des plus grands émetteurs de gaz à effet de serre ne doit pas nous décourager. Au contraire, cela nous permet de concentrer nos efforts sur des partenariats significatifs entre pays désireux de changer la donne. Nous sommes ici pour élargir notre réseau et renforcer notre voix dans la lutte pour la planète. »
Un délégué d’un pays vulnérable a souligné : « Cette conférence est une occasion unique de faire entendre les voix souvent étouffées lors des COP. Nous voulons que les discussions portent non seulement sur la transition énergétique, mais aussi sur la justice climatique et la durabilité. »
Un scientifique a ajouté : « Grâce au lancement du premier groupe d’experts scientifiques, nous espérons fournir des feuilles de route précises pour chaque pays participant. Cela pourrait transformer notre approche de la transition énergétique et garder l’accent sur des solutions viables à long terme. »
Enfin, un représentant du secteur privé a conclu : « Les défis sont énormes, mais les opportunités le sont tout autant. Nous avons besoin d’unir nos forces pour encourager des investissements dans des projets durables qui permettront de réaliser une économie mondiale fondée sur des énergies propres. C’est un tournant que nous ne pouvons pas nous permettre de manquer. »
